image12

Wadi Rum

     

Au pied des falaises du haut   plateau de Ras Al-Naqab, Wadi Rum s'étend sur une superficie d’environ 742   km². Cette série de vallées couvertes de sable aux couleurs douces, ponctuées   de gigantesques montagnes (jabals) imposantes et fantastiques, est l'une des   destinations les plus mémorables de Jordanie, et ce depuis la nuit des temps.   Au plus profond de ses vallées, loin de toute construction humaine visible,   il est possible de croire que la vue n'a pas beaucoup changé depuis   l'apparition de l’homme dans la vallée de la Lune, environ 800 avant JC.

 

T.E. Lawrence, le   légendaire Lawrence d'Arabie, est venu ici à plusieurs reprises, à la fois   dans sa quête de succès pendant la Grande Révolte arabe de 1917-1918, mais   aussi pour y trouver le réconfort dans l'isolement du Wadi Rum. La vallée de   la Lune offre aujourd'hui encore aux visiteurs sa paix et sa beauté. La   splendeur de ce site réside principalement dans sa géologie étonnante.

 

Sous le sol du Wadi,   située entre 900 et 1000 mètres d'altitude au-dessus de la mer, se trouve une   masse de granit précambrien, créée il y a deux milliards d'années. Dans les   strates de grès des jabals, il est possible de lire l'histoire géologique de   la région. Le rouge est cambrien, le gris pâle est ordovicien et le   blanchâtre est silurien. Entre ces dernières, on trouve des couches de   quartz, de schiste et de conglomérats. Le temps les a façonnés, créant des   formations comme des gâteaux d'anniversaire, des champignons, de la cire fondue,   des arches et voir même un visage géant vu de profil. Les sources qui   apparaissent dans tout Wadi Rum ont été créées lorsque des pluies antiques   ont pénétré dans le grès, ont été arrêtées par le granit trouvant de   minuscules fissures pour former des mares.

 

L'homme paléolithique   vivant dans le Wadi Rum profitait d’une faune diversifiée et de sources   abondantes. Finalement, leur vie d'errance constante a cédé la place au mode   de vie néolithique, introduisant l'agriculture et l'élevage. Les Nabatéens   ont fait de Wadi Rum l'une de leurs principales colonies à l'extérieur de   Petra. Ils y ont construit trois barrages dans la région, et les restes de   leurs aqueducs sont encore visibles dans certains endroits. D'autres   visiteurs de la région ont laissé leurs marques dans les messages gribouillés   sur les rochers, allant du script nabatéen au commentaire de Minéen. Les   Thamuds, une tribu dont les descendants peuplent l'Arabie Saoudite de nos   jours, ont laissés le plus grand nombre d'inscriptions : des signatures,   des exhortations religieuses et même des messages d'amour.

 

La première mention de   Wadi Rum était probablement "Aramaua" sur les cartes géographiques   de Ptolémée. Il est appelé "Ad" dans le Coran, selon certains chercheurs.   Wadi Rum était populaire auprès des voyageurs en raison de son abondance de   nourriture et d'eau, facilitant les voyages et le commerce, ainsi que sa   proximité avec Petra, de loin le plus grand centre urbain de la région.

 

Alors que les populations   d'animaux sauvages ont diminué au fil des années, les visiteurs patients   peuvent encore trouver des animaux et des oiseaux, tels que le daman, le   renard fennec, la gerbille et le chat de sable arabe. Les troupeaux de   bouquetins et de gazelles existent encore, il est possible d'entendre les   hurlements musicaux des loups. Les vautours et les aigles, ainsi que les plus   petits roselins du Sinaï et les alouettes huppées peuplent la région, sont   également omniprésents les serpents, les scorpions et les araignées de   chameau.

 

Les possibilités de   randonnées et de camping paraissent infinies dans cette région. Le centre des   visiteurs près du Village de Wadi Rum est un bon endroit pour commencer une   visite. La montgolfière est l'une des façons les plus spectaculaires de voir   le Wadi Rum, mais des excursions en jeep guidées sont également possibles. La   façon la plus traditionnelle de faire l'expérience du Wadi Rum est cependant   le chameau. L'immobilité, brisée seulement par le vent, les gémissements des   chameaux et les sifflements des guides est phénoménale, notamment avec les   visites à l’arche Burdah, au Barrah Siq de cinq kilomètres, aux Sables Rouges   et aux Sept Piliers de la Sagesse. T. E. Lawrence a décrit ce site comme «les   paysages de rêve d’enfance, vastes et silencieux», dans son livre   intitulé : Les Sept Piliers de la Sagesse.