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Karak

     

L'énorme château croisé de   Karak se dresse à environ 1000 mètres au-dessus de la vallée de la mer Morte.   Il est un lieu stratégique vital dans le système de communication et de   protection des châteaux qui s'étendent d'Aqaba à la Turquie. Karak était sur   la route commerciale entre l'Egypte et la Syrie pendant les temps bibliques,   et plus tard les civilisations lui ont également reconnu de nombreux   avantages de par son emplacement. Le château a connu le bonheur, mais il a   aussi connu la cruauté. Les visiteurs modernes apprécieront les vues   spectaculaires et son passé historique.

 

Pendant les temps   bibliques, Karak, connu alors comme Kir, Kir Moab et Kir Heres, était la   capitale des Moab. La ville se trouve sur la célèbre carte en mosaïque de   Madaba. Plus tard utilisé par les Grecs et les Romains, son nom a été changé   en Characmoba.

 

Au XIIe siècle, le roi   croisé Baldwin Ier de Jérusalem chargea Payen le Bouteiller de construire la   forteresse de Karak. Elle devint la capitale du district des Croisés   Outre-Jourdain et devint riche en levant des taxes sur les commerçants, les   voyageurs et les produits agricoles. Karak est à mi-chemin entre Shobak et   Jérusalem, et son succès a aidé Jérusalem à prospérer.

 

À la fin du XIIIe siècle,   le sultan mamelouk Beibars a rénové le château, approfondi les douves et   construit la cour inférieure. Bien qu'il ait été endommagé par le tremblement   de terre de 1293, les Ottomans l’ont également utilisé lors des combats   locaux vers 1880 ayant forcé les habitants chrétiens de Karak à fuir vers   Madaba et Ma'an. La paix n'a été rétablie qu'après le déploiement d'un nombre   important de troupes dans la ville.

 

Traversant le pont de bois   sur les douves sèches, les visiteurs entrent par la porte de l'Ottoman. A   gauche se trouve la galerie des Croisés, ou les écuries, au bout desquelles   se trouve une sculpture de pierre sans tête. Certains prétendent que c'est   Saladin, mais comme elle date du 2ème siècle après JC, il s'agit probablement   d'une sculpture nabatéenne. À droite, des passages contenant les cuisines et   les salles à manger, ainsi que des casernes. Sortant à la lumière, le glacis   de Renald de Chatillon est à gauche. Ensuite vient un autre ensemble de   passages, contenant une mosquée, une église, une prison et un marché. Enfin,   le donjon mamelouk construit en 1260 où les défenses sont les plus solides.   En bas se trouve la cour mamelouke et les tours surplombant Wadi Karak,   probablement vers les sites de Sodome et Gomorrhe. Au loin, Umm al-Thallaga   est visible (la Mère de la Neige), la montagne qui représentait la plus   grande menace défensive pour Karak. 

 

Alors que le château est   en cours de restauration et qu'une grande partie est ouverte aux visiteurs,   certains passages sont encore interdits. Il est tentant d'imaginer quels sont   les trésors qui s'y trouvent. Avec un peu de chance, Karak nous dévoilera   plus de secrets dans un proche avenir.