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Jerash

     

Jerash est l'une des   villes les mieux conservées de l'époque romaine au monde. Située à seulement   40 kilomètres au nord d'Amman, les visiteurs peuvent aujourd'hui suivre les   ornières creusées par les chars empruntant le Cardo, admirer les mosaïques   contemporaines à celles de Madaba et tester l'acoustique des théâtres du Nord   et du Sud.

 

L'histoire de Jerash peut   être tracée dans son nom. Les habitants sémites indigènes au 1er siècle avant   JC l'appelaient "Garshu". Sur le même site, les Grecs fondèrent   "Antioche sur le Chrysorhoas" (nom du cours d'eau traversant la   région), ou Antioche sur le fleuve d’or en traduction littéraire. Les Romains   arrivant avec Pompée en ont changé le nom original de Garshu en "Gerasha". Au 19ème   siècle, les Arabes ont arabisé le nom à "Jerash".

 

Jerash était reliée aux artères   commerciales par une série de routes menant à d'autres grands centres   commerciaux tels qu’Amman, Bosra, Damas, Pella et Petra. L'empereur Hadrien a   visité Jerash en 129 et un arc de triomphe a été construit en son honneur   près de l'hippodrome. Aujourd'hui, l'Arche se tient toujours et sa   restauration entre dans la phase finale.

 

Jerash a commencé à   décliner au 3ème siècle après JC. Les soulèvements, comme la destruction de   Palmyre en 273 après JC, rendirent les caravanes plus dangereuses et   conduisirent le commerce vers la navigation, en mettant l'accent sur   d’anciennes routes commerciales. Lorsque l'empereur Constantin convertit   l’Empire Byzantin au Christianisme, un certain nombre d'églises furent   construites, utilisant la pierre des temples dédiés aux anciens dieux. Les   Perses saccagèrent Jerash ainsi que Damas et Jérusalem en 614 après JC. La   région fut également touchée par la victoire musulmane de 636 après JC. Peu   de temps après, en 747, la région fut dévastée par une série de séismes   majeurs. Sa population diminua drastiquement, au point que, lorsque les   Croisés arrivèrent, ils décrivirent la région comme inhabitée.

 

La région fut   "redécouverte" par un touriste allemand, Ulrich Jasper Seetzen, qui   reconnut le site et le rendit public. Des équipes d'archéologues du monde   entier accoururent alors à Jerash et continuent de nos jours de déterrer de   nouveaux trésors. Le site n'a pas encore été entièrement exploré, et d'autres   merveilles pourraient bientôt être découvertes.

 

De nos jours, les   visiteurs de Jerash peuvent assister à des reproductions de courses de chars   se déroulant dans l'hippodrome, construit entre le 1er et le 3ème siècle de   notre ère.

 

La visite du site se fait   à pied. Elle commence à la porte sud, construite en 130 après JC. La place   ovale, également connue sous le nom de Forum, est une construction   inhabituelle dans le monde romain, car elle n'est pas symétrique. Sa forme   relie gracieusement le Temple de Zeus au Cardo, ce qui détourne l'attention   sur le fait qu'ils ne sont pas correctement alignés. La Plazza est également   unique en ce sens qu'elle possède encore des colonnes ioniques du 1er siècle,   ainsi que des colonnes corinthiennes du 2ème siècle. Certaines des colonnes   ont une couleur différente entre les moitiés inférieure et supérieure,   indiquant à quel point elles étaient enterrées dans le sable.

 

Le temple de Zeus datant   du 1er siècle après JC domine la place. Il a été construit sur les restes   d’anciens sites sacrés. D’énormes blocs de pierre remplissent maintenant la   ruine suite à un tremblement de terre.

 

Le théâtre sud, situé à   proximité, est le plus grand du site et peut accueillir au moins 3000   personnes. Il est dans un état incroyable, et les chiffres sont toujours visibles   sur de nombreux sièges. L'acoustique y est fantastique, et la construction   minimise la quantité de soleil qui peut tomber sur les spectateurs. Le   théâtre est utilisé aujourd'hui pour des concerts et d'autres événements   culturels.

 

Le Cardo, ou la rue des   colonnes, relie le temple de Zeus au temple d'Artémis. Certaines de ses   colonnes ont été délibérément construites à différentes hauteurs afin de   mettre en valeurs les façades des bâtiments derrière eux. On aperçoit de   nombreuses ornières faites par des chars romains, témoignant de l'importance   de cette rue.

 

Le Cardo passe près des   restes de trois églises byzantines, Saints Cosme et Damien, Saint Jean et   Saint Georges. La plupart des murs des églises byzantines de Jerash n’ont pas   résisté pendant les tremblements de terre, mais ce qui les rend spéciales, ce   sont les mosaïques. L’église de Saint-Georges, qui est la plus éloignée du   temple d'Artémis, est la mieux conservée, et il existe des preuves qu'elle fut   utilisée après les tremblements de terre datant des 7ème et 8ème siècles. Les   deux autres ont été nivelées. Cependant, leur destruction a sauvé leurs   mosaïques des iconoclastes antichrétiens, qui ont défiguré le plancher de   Saint-Georges.

 

Le temple d'Artémis est   plus grand que le temple de Zeus, comme il convenait à la protectrice de   Jerash et à cette déesse vénérée par tous les habitants de la Décapole. On   pense que c'est l'un des temples les plus remarquables de toutes les villes   romaines provinciales confondues. Construit entre 150 et 170 après JC, le   temple avait douze colonnes, qui sont toujours debout.

 

Le Théâtre nord à   proximité a été achevé au cours de la seconde moitié du IIe siècle. Des   inscriptions grecques sur certains sièges ont amené certains experts à penser   qu'il s'agissait d'un lieu de rencontre pour les fonctionnaires régionaux ou   municipaux.

 

Jerash étonne les   visiteurs non seulement en raison de la taille du site, mais aussi de tous   ces détails qui ont survécu. Les lions sculptés au Nymphée, les ornières dans   les rues du Cardo et les numéros des sièges au Théâtre du Sud permettent de   s’imaginer à quoi ressemblait la vie à son apogée. L'histoire semble dès lors   si proche dans la quiétude de lieux tels que Jerash.